Contribution de Philippe Goubault aux Assises
Des assises pour faire quoi ?
En posant cette question, il y a l’intention de permettre une méthode d’ouverture de ces assises et de bâtir une organisation de ces assises. Ceci est consécutif au texte de Bernard Floris de Grenoble Sud Est, et aussi à la manière dont effectivement les camarades qui étaient à
Si nous sommes ici sous l’étiquette minimale de collectifs unitaire antilibéraux, c’est que quelque chose nous a rassemblé et ce quelque chose c’était la lutte contre le TCE . Cette lutte nous a donné la victoire le 29 mai 2005 et nous étions conscients de l’utilité alors de présenter un candidat aux présidentielles pour confirmer le vote du 29 mai, sachant pertinemment que dans le camp du oui on allait profiter de l’échéance des présidentielles pour court-circuiter l’expression populaire, ce qui s’est avéré… Et on voit bien aujourd’hui combien nous avions raison et aujourd’hui ce qui doit nous rassembler de nouveau c’est le refus du traité de Lisbonne qui est une forfaiture du président de la république.
Pouvons nous être d’accord sur ce point N°1 ?
On a vu combien nous avons été naïfs quant au rôle joué par les partis dont l’objectif n’est pas la cause qu’ils prétendent défendre mais la pérennisation de leur parti. Nous ne pouvons donc pas faire l’impasse, ignorer l’échec de la candidature unique et oublier ce qui se décida à Montreuil. Au-delà de la candidature de José Bové et ensuite des candidatures aux législatives "gauche Alternative 2007" c’est l’émergence d’un mouvement altermondialiste en France qui s’est concrétisé. Les deux autres candidats n’ont été que des candidats annoncés depuis 2005 !
Pouvons- nous être d’accord sur ce point N°2 ?
Reconnaître cette dimension, nécessite de la définir. Qu’y a-t-il de différent, de nouveau ? C’est de cela que les assises doivent s’emparer, à cela nous devons réfléchir et c’est le sens de notre présence ;
Pouvons- nous être d’accord sur ce point N°3 ?
Si nous sommes tous venus d’horizons divers, c’est que le désir d’unité existe, qu’il est fort, mais pour autant à lui tout seul cela ne suffit pas. Ce n’est pas une fin en soi ! Certains s’arrêtent à cette condition et ne définissent, pas une ligne politique, ils s’exposent à des déconvenues comme celle de décembre 2006 à St Ouen. D’autres s’appuient sur l’unité réalisée en 1936 comme exemple d’unité. C’est vrai que les communistes, les syndicalistes de
Pouvons- nous réfléchir et en définir les limites sur ce point N°4 ?
Ce qui nous rassemble : nous voulons un monde meilleur et laisser un monde en « bon état »à nos enfants. Cela ne peut se faire qu’en changeant la façon dont il s’organise aujourd’hui. Le productivisme, le consumérisme qui concourent à détruire notre planète, du moins les conditions favorables à la vie des humains ne sont que les conséquences d’un système profondément inégalitaire qui permet à une minorité de s’emparer des richesses à travers l’exploitation des hommes et des femmes. Il se concrétise par l’esclavage toujours présent, le colonialisme et sa forme moderne dans le cadre de la mondialisation et de la financiarisation de l’économie. Ce système a un nom, le capitalisme ; qu’il soit privé d’état ou d’un état confisqué comme ce fut le cas en URSS cela ne change pas grand-chose ! En cela le mot antilibéral ne suffit pas. De ce point de vue, pas plus que d’être anti productiviste, anticonsumèriste ou écologiste, ceci ne peut être qu’un positionnement, un comportement. En faire une idéologie en soi serait une erreur. Les écologistes qui ont voulu promouvoir l’écologiste comme idéologie autonome capable de répondre aux destructions environnementales ont nié le caractère capitaliste et ils ont nié que la recherche de profits, l’accaparement des richesses sont le moteur de nos sociétés occidentales. En oubliant le caractère de la lutte de classe , on risque de définir le productivisme et le consumérisme comme un déterminisme propre à l’humanité contre lequel on voudrait lutter sans savoir d’où il vient. Il s’agit en parlant de lutte de classe d’analyser les rapports sociaux et de ne jamais oublier l’homme au cœur de ces rapports.
Il se trouve que parmi les altermondialistes, beaucoup sont écologistes antiproductivistes et anticonsuméristes. De par leur approche, ils se heurtent aux partis de gauche issus du socialisme de la fin du 19ème siècle marqués par le concept de la lutte de classe. Il y a eu la même incompréhension à l’égard des écologistes dans les années 70 et on sait pourtant aujourd’hui combien ce mouvement a contribué à la prise de conscience de l’état de notre planète. Ce rejet par la gauche traditionnelle a amené un nombre important d’écologistes a refusé une analyse dialectique des problèmes environnementaux ; ils ont pour certains perdu la boussole politique en se compromettant dans des alliances sans issue.
Pourtant il n’y a pas antinomie : être antiproductiviste et anticonsumériste est une dimension subversive par rapport au monde marchand. C’est pour ça qu’une recomposition des forces qui veulent changer la société doit intégrer ces apports qui se trouvent dans la démarche altermondialiste. L’altermondialisme remet à l’ordre du jour l’internationalisme entre les peuples et les solidarités qui doivent en découler, une remise en cause radicale totale des relations dans les échanges commerciaux, l’abandon des dictatures commerciales de l’occident, l’annulation de la dette l’abandon de la politique FranceAfrique. C’est aussi le soutien aux peuples qui s’affranchissent du joug impérialiste nord américain : Cuba, Le Vénézuela,
A travers la dimension de l’altermondialisme, on trouve la raison de la fracture aux présidentielles au sein des Cuals avec
Pouvons nous mettre à la discussion ce point N°5 ?
Enfin si à défaut de pouvoir résoudre nos contradictions en un week-end nous pouvons constituer un front antilibéral susceptible de reprendre la lutte contre le traité de Lisbonne nous n’aurions de toute façon pas perdu notre temps, point N°6 !
Philippe Goubault Collectif Altermondialiste Isèrois

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